Confiance, tromperies, adultères

Carnet de notes 27 mars 2010 et réflexions actuelles.

 

Est-ce qu’on peut aimer sans tromper? 

Est-ce que l’adultère change quelque chose à l’amour? 

Est-ce que le mensonge tue vraiment l’amour? 

Pourquoi la confiance est-elle si importante, pourquoi tue-t-elle l’amour quand elle est bafouée? Est-ce dire que tout ce qui compte dans l’amour, c’est la confiance? Comme un critère « seuil »: si on ne l’atteint pas, point d’amour? 

Est-ce qu’aimer en adulte c’est nécessairement tuer les contes de fées? Est-ce que c’est baisser les bras sur la promesse, la fidélité? 

Et la baise pour la baise, est-ce que ça implique nécessairement de ne pas s’occuper de l’autre? Prendre son plaisir à soi et ne penser qu’à soi? C’est tellement plus fort à deux…

A-t-on le droit de dire n’importe quoi pour attirer l’autre dans notre lit si on n’a pas l’intention de toute manière de faire durer l’histoire? Ça dérange qui, dans le fond? Pourquoi je n’arrive pas à voir ça autrement qu’une fraude? 

Peut-on vraiment séparer le corps et le coeur? Même un peu…

3 réflexions sur “Confiance, tromperies, adultères

  1. Tes questions m’interpellent ce matin.

    Est-ce qu’on peut aimer sans tromper ? Oui. Et même longtemps.

    Est-ce que l’adultère change quelque chose à l’amour ? Énormément de choses. Il modifie la dynamique du couple, entraîne un jeu de cache-cache, un sentiment de culpabilité qui minent les fondations chez la personne même qui trompe. Ou alors un je-m’en-foutisme qui n’a rien à voir avec l’amour.

    Est-ce que le mensonge tue vraiment l’amour ? Il tue l’amour, et pas seulement lui. Il tue ta capacité à une vie saine, relaxe, confiante. Quand tu entames ta sérénité par un mensonge, même tout petit, tu mets le doigt dans un engrenage. Tu ne sais pas où ça va te mener. Avec le temps, ça devient lourd, compliqué, parce qu’un mensonge en entraîne un autre et tu crains que celles et ceux à qui tu les as contés se croisent, que la vérité soit révélée, la honte d’être confondu. Tu es constamment sur le qui-vive. Il y a plus agréable à vivre.

    La confiance est à la base de toute relation amicale. Encore plus, donc, amoureuse. Si tu n’as pas confiance en l’autre, si tu crains les coups, comment te détendre avec cette personne? Comment être toi-même? Dans un schème archaïque, la confiance, c’est la grotte où l’on se retire après la chasse et la lutte pour la survie. C’est l’abri où l’on récupère, avec les siens, entre gens qui s’aiment, qui s’apprécient. Tu peux bien trouver sympathique une personne à qui, pourtant, tu ne ferais pas trop confiance pour ceci ou pour cela. (Il serait alors intéressant de te demander pourquoi cette personne te semble sympathique.) Mais de là à t’abandonner à l’aimer… j’ai un doute. Il me semble que l’amour est le lieu de la confiance. Tu sais que la personne que tu aimes (et qui t’aime) ne ferait rien qui puisse te blesser. Idéalement… L’erreur étant humaine, je ne fais pas une loi sine qua non de cette affirmation. Il faut aussi savoir pardonner. Mais cela implique de reconstruire la confiance.

    Les contes de fées ne disent rien sur l’amour. Ils parlent de l’énamoration passive. L’amour est un travail sur soi, comme le bonheur. Franchement, moi, le conte de fées, j’aurais peur de me réveiller… Tandis qu’une vraie belle histoire d’amour que tu construis dans la réalité, ça, c’est du solide.

    La baise. Comme tout le monde, j’ai donné. Mais ça ne m’a jamais apporté ce que j’en attendais. J’ai toujours trouvé ça décevant. En tout cas, ne pas s’occuper de l’autre, ça non. Rien que penser à soi, vraiment moyen. Ça vide, au lieu de remplir. L’amour, même la baise comme tu dis, devrait permettre au minimum une rencontre, si courte soit-elle. Pour qu’il y ait rencontre, il faut être deux et partager.

    Attirer l’autre dans son lit, et dire n’importe quoi pour le faire. C’est pour ça, les fréquentations. Pour séparer le bon grain de l’ivraie. Aujourd’hui, on ne se fréquente plus. (Remarque, c’était pareil « dans mon temps » : on couchait tout de suite, ça faisait jeune et libéré.) Les fréquentations permettent d’ « ajuster le message », comme dirait l’autre, de bien saisir les intentions derrière le message, de voir s’il y a du vrai ou que du toc là-dedans. Puis, si on plonge malgré le toc, il ne faut pas s’étonner d’être un peu égratigné parfois. Ça peut sembler difficile, mais dire non c’est aussi prendre soin de soi.

    Le corps et le cœur appartiennent à la même personne. Ils voyagent ensemble, avec l’esprit aussi. Négliger l’un, c’est négliger les autres. Tu ne crois pas ?

  2. Wow Danielle ! J’adore ta réponse. J’avais envie de répondre moi aussi mais tu l’as fais pour moi il semble. Belles réflexions en tout cas.

  3. La question n’est pas tant de savoir si on peut aimer sans tromper, mais de comprendre pourquoi nos modèles de relation mènent jusque là.

    On a encore tendance à voir aujourd’hui les relations (amoureuses, surtout) sur un modèle de réussite ou d’échec. La fin d’une relation est quelque chose de dramatique, grave, souffrant, douloureux, un piège à éviter, un échec personnel.

    C’est un peu malsain. Les relations, comme les gens, évoluent dans le temps. Elles naissent, changent, meurent, renaissent parfois de leur cendre, généralement pas par contre. Le « conte de fée » ou l’auto-aveuglement de croire que sa durera toujours empêche la relation d’évoluer paisiblement. En acceptant que les relations changeront, qu’elles se transformeront, on peut les approcher beaucoup plus sereinement. Comprendre que changer ne mine en rien notre confiance ou notre respect envers l’autre.

    Ça, c’est un premier problème. Le second est la fameuse question de l’exclusivité. Mettre toute ses billes dans le même panier ne fait pas toujours du sens, ni ne répond pas toujours au besoin. Je ne dis pas que ce n’est jamais le cas. Mais on conçoit de facto une relation amoureuse comme quelque chose d’exclusif, alors qu’en réalité les relations peuvent fort bien (et souvent fort mieux) s’épanouir dans la multiplicité.

    Alors, inévitablement, comme les gens et les besoins changent, on n’ose pas le dire, on butine ailleurs, il y a infidélité, ce qui est perçu comme un échec. Pourquoi ne pas construire sur des bases différentes, des conceptions différentes qui évitent ces drames?

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