Et si on retournait au début

J’ai envie d’écrire la fin. Parce que je vais bien, que je suis en couple avec un homme que j’aime et qui m’aime (il n’a pas besoin de le dire, je le sais).

J’ai envie d’écrire comment un homme réussira à apaiser la colère et le tourbillon de Cath.

Mais je n’ai pas établi encore tout ce que Cath est. Tout ce qu’elle a vécu et surtout, je n’ai aucunement approfondi le thème du couple, des relations, des nuances et de l’éventail dans l’amour. C’était la raison pour laquelle j’écrivais ce projet. Je me suis calmée de mon côté. Mais Cath n’est pas rendue là. Et je dois lui laisser le temps d’y arriver.

Cath n’est pas moi. Elle souffre. Elle rage. Elle veut tellement. Elle n’arrive pas à prendre sur elle. Elle est explosive.

Je dois me replonger aux débuts de cette quête: Cath vient de se faire laisser par celui qu’elle imaginait être le père de ses enfants et réalise qu’elle ne l’aimait pas, dans le fond, et que c’était une relation abusive à laquelle elle s’est soumise. Plus jamais on ne l’y prendra, jure-t-elle. Plus jamais.

Elle cède à un premier amant et ouvre une porte de son monde: elle peut découvrir sa sexualité sans avoir à être amoureuse. Toute une nouveauté pour Cath. Elle s’y perdra, par contre. Car on ne peut faire autrement que se perdre dans ce jeu-là… Elle apprendra beaucoup sur elle tout de même. Elle comprendra en cours de route qu’elle a un trouble de la personnalité limite et devra se découvrir là-dedans.

J’ai les pieds bien fixés au sol, maintenant. Je n’ai plus peur de glisser en replongeant dans la détresse mal cachée de Cath. J’y vais.