Je ne serai pas ton chum

Ce texte m’inspire. Ça m’a fait réfléchir alors aussi bien mettre ça dans la bouche d’un personnage ou deux. C’est toujours plus intéressant quand on peut dialoguer au lieu de penser en rond!

Quel nom pour cet amant… Je ne sais pas encore. On va l’appeler Homme pour le moment. Il faudra vraiment que je clarifie qui sont ses amants à CATH. Il faut qu’il y en ait un certain nombre… mais sont-ils tous nécessaires? Pour le moment, j’ai l’impression que chaque nouvel apprentissage, chaque nouvelle intervention et discussion vient d’un homme différent. Et c’est rien parce que je compte bien plonger aussi CATH dans des aventures avec des femmes! Un arbre à amants s’impose. À suivre.

HOMME
Je ne serai jamais ton chum.

CATH
J’ai jamais dit que je voulais que tu sois mon chum non plus…

HOMME
T’as pas besoin de parler! Ça fait partie de tes charmes.

CATH
Prétentieux. Cute, mais prétentieux.

HOMME
C’est pas que je ne t’aime pas. Tu me charmes. Tu m’envoûtes, même! Mais je ne peux pas être l’homme d’une seule femme.

CATH
Je sais! Mais je comprends pas pourquoi t’es si sûr de toi. Ça ressemble plus à une période fuck-all-post-couple-qui-a-fait-mal.

HOMME
Non. J’ai fait mes recherches, j’ai eu mes rebounds.

CATH
Ouais, ouais.

HOMME
T’aimes pas ça, hein? T’aimes pas l’idée que je ne serai probablement jamais en couple hermétique.

CATH
Hermétique?

HOMME
J’ai dit hermétique? Je voulais dire monogame. Tu vois ce que mon inconscient en pense! Je fake pas!

CATH
Et tu es capable de dire, ici et maintenant, que tu es sûr et certain que tu ne changeras jamais d’idée. Jamais! Que personne jamais ne te donnera envie d’être en couple monogame et même d’avoir d’autres enfants? JAMAIS? T’es un fucking devin ou quoi?

HOMME
Je ne suis certain de rien, CATH. Mais ce n’est pas comme ça que je vois mon avenir, non. Et les enfants, j’en ai eu trois, ma famille est faite. Je ne veux pas recommencer. De ça, j’en suis certain.

CATH
Je crois pas à jamais.

HOMME
Tu n’y crois pas ou tu ne veux pas que ce soit vrai?

CATH
(Baisse les yeux. Ne pas montrer qu’elle est troublée. Relever les yeux et darder son regard sur l’autre.)
On parle de toi. Pas de moi. Moi, je m’adapte à ce qu’on me donne. T’es pas l’homme de ma vie, désolée.

HOMME
Cath…

CATH
Ben quoi? Moi je rêve d’un gars qui va vouloir m’avoir moi. Pas me mettre dans un tas de filles dans lequel il va pouvoir choisir quand bon lui semble. Je suis pas un objet qu’on peut piger selon son bon vouloir. Je ne suis pas ça.

HOMME
Ah! Mais ce n’est pas comme ça que je vous voie, mes amantes! Vous êtes toutes importantes. Vous me permettez toutes d’être une partie de moi qui m’est essentielle. Que je ne peux pas être autrement.

CATH
Tu vois, pour moi, ça, c’est de la bullshit. Parce que moi, je travaille à être moi à temps plein. Complète, incontrôlable et moi. Pis ça, sans l’aide de personne.

HOMME
Et tu es heureuse comme ça?

CATH
Va chier.

HOMME
(Saisi. Il se rapproche)
Je ne voulais pas te blesser. C’était une question. Pour amener le point que je suis heureux comme je suis et qu’on est simplement différent.

CATH
Oh. Euh. S’cuse (presque inaudible). Je suis pas heureuse. Tu le sais. J’ai mal. Tout le temps. (Toujours presque inaudible.)

HOMME
Et moi je suis bien quand tu es là.

CATH
(À voix basse.)
Mais tu es aussi bien quand je n’y suis pas.

HOMME
(Visiblement touché par la vulnérabilité soudaine de Cath.) Je suis différent quand tu n’es pas là. C’est juste ça. Je suis différent.

CATH
Et t’arrives pas à être toi au complet avec moi. Pourquoi?

HOMME
Cherche pas toujours à te faire mal toute seule. Personne peut être pareil avec tout le monde. Cath. Tu cherches quelque chose qui ne se peut pas. Viens. Viens écouter mon coeur. Ce soir, il bat juste pour toi, ma WildCath!

L’amour est une illusion d’optique

Texte rédigé le 29 septembre 2010 qui me fait penser à ce billet que j’ai publié récemment.

Réflexions de Cath:
Voir l’amour autrement. L’amour comme quelque chose qui fluctue. On n’est pas «en amour» pendant 10, 20, 30 ans. On se sent amoureux plusieurs fois, souvent, pendant cette période. Mais ce ne sont que des successions de petits moments heureux qui s’accumulent et qui donnent une impression d’amour continu.

Scène possible:

Un dimanche après-midi à l'Île de la Grande Jatte (1884-1886)

Un dimanche après-midi à l’Île de la Grande Jatte (1884-1886)

 

Cath est au musée. Elle tombe sur des toiles de Seurat. Elle s’intéresse à la technique. Le pointillisme n’est qu’illusion, en fait. Rien de ce qui apparaît aux yeux n’existe puisque tout n’est composé que de petits points et de mélanges de couleurs.

 

 

Elle se souvient de ces lignes qu’on interprète en triangles alors qu’ils ne sont jamais vraiment là quand on s’attarde à ce qui est là, ce qu’on voit et non à ce qu’on comprend.

TrianglesIl y a beaucoup d’applications au « discontinu qu’on interprète en continu». Par exemple, les histoires d’amour. Pouvons-nous dire que nous sommes amoureux tout le temps de notre relation? Est-ce qu’«être amoureux» est un état continue ou si ce ne serait pas plutôt comme la toile d’un peintre pointilliste que l’on interprète comme un état permanent. Quand je fais mes courses et que je ne pense pas à lui, est-ce que je suis amoureuse à ce moment précis là? Suis-je amoureuse d’une personne à tout moment dans la relation juste parce que j’ai dit «je t’aime» et que je n’ai pas fermé par un «je ne t’aime»?

<Je t’aime> … </Je t’aime>

Trois petits points. Un amour inconditionnel et égal contenus dans trois petits points. Non, certainement pas. Il faudra revoir la théorie, encore…

Cath et sa quête

Je pourrais écrire 8 articles d’un coup tellement mon cerveau réfléchit fort à ce thème ces temps-ci. Des conversations avec des amis, mes propres expériences, celles d’autres personnes autour de moi, des textes que j’ai lus. Tout m’inspire. Mais si j’écris tout dans le même billet, je ne pourrai plus me retrouver ensuite. Un billet, un thème. C’est ma règle.

Bon. Par où on commence.

Par Cath bien sûr.

J’ai envie de faire le point sur Cath. Elle me donne l’impression d’être une enragée. Mais elle n’est pas ça. Elle le devient seulement quand elle a peur. Comme un chat qui crache et qui miaule à se faire entendre en Alaska (cette image fonctionne juste si on n’habite pas en Alaska…)

Cath est capable de beaucoup de douceur. De tendresse et d’affection. Mais elle doit se sentir en confiance. Le problème, c’est que dès qu’elle en démontre à ses amants, dès qu’elle essaie d’être elle, ses amants pensent qu’elle s’attache, qu’elle tombe amoureuse. Comment être soi quand être soi fait peur? Cath dirait « Tant pis pour eux. Leur perte! »

Note pour un prochain billet: A-t-on le droit d’être affectueux avec nos amants? Quel est le code à suivre? 

Il va falloir faire essayer le polyamour à Cath. C’est un aspect qu’elle n’a pas vraiment envisagé encore. Mais comment fera-t-elle, elle qui est si entière, pour accepter de donner son coeur en entier à quelqu’un qui le partagera entre elle et d’autres? Comment pourra-t-elle envisager de se donner entièrement, mais à plusieurs personnes en même temps? Peut-elle même l’envisager? Quel genre de surprise aura-t-elle en empruntant cette voie?

Au départ, la quête de Cath était de différentier les relations d’amour, d’amant et d’ami. Quelque part en route, elle a fini par étudier seulement le sexe et les différentes manières d’être amant. Il lui faut se recentrer sur sa recherche. Elle a oublié qu’elle pouvait aussi être amie ou amoureuse.

Dans ses débuts d’amante, Cath était très timide. Elle ne croyait pas qu’elle pouvait faire l’amour sans être amoureuse. Elle a dit non longtemps à son premier amant avant de lui céder. Ça a été la même histoire avec le deuxième. Le troisième, elle l’a laissé faire, séduite et désireuse. Ensuite, elle a appris à être excitée lorsqu’un gars lui faisait un peu de rentre dedans. Et là, elle devient chasseuse. Cath ne cherche pas nécessairement, mais elle se donne sans attendre dès qu’une ouverture se fait. Elle ne sait plus dire non. Elle a « appris » qu’elle devait se donner pour être intéressante. Qu’elle devait faire des choses qu’elle n’aime pas nécessairement d’emblée pour être aimée. Comme si sa recherche la poussait à dire oui, juste parce que dire non équivaudrait à manquer de curiosité. Jusqu’où va-t-elle se rendre? Peut-on refuser des avenues quand on veut être totalement ouvert à l’expérimentation. Bien sûr! Quelles sont les limites de Cath?

Il me reste beaucoup de choses à découvrir sur mon personnage. Des fois, j’ai l’impression de la psychanalyser. D’ailleurs, je me souviens d’une auteure qui faisait le lien entre mon champ d’étude (la psychologie) et l’écriture. Pour elle, c’était des contraires. Pour moi, c’est la même chose. Je dois en apprendre sur mon personnage qui ne se révèle pas d’un coup. Je dois comprendre sa dynamique sans tout savoir sur elle. De la même façon que l’intervenant doit laisser son client se dévoiler à son rythme tout en travaillant avec lui.

Combien de gars passeront dans sa vie? Que va-t-elle apprendre avec chacun d’entre eux? Comment va s’exprimer son côté doux, amoureux, paisible, centré?

Aller, Cath. Au repos pour ce soir. Bientôt, tu en vivras toute une, encore.

La fluidité sexuelle | Le Gros Bon Sens arrive en ville! |

Jusqu’à maintenant, Cath a toujours exploré des façons d’être bien dans un couple monogame. Elle a tellement peur de disparaître (encore) dans un couple, de n’être plus qu’un nous, qu’elle aborde le couple avec terreur. Comment trouver de l’espace pour soi en acceptant de plonger complètement? Comment trouver de l’espace pour son besoin de solitude quand on a tant besoin que l’autre soit près? Cath a eu beaucoup à travailler sur elle.

Mais voilà que je tombe sur ce texte. Très intéressante (et importante) conception des relations amoureuses. Comment Cath va-t-elle intégrer ces variétés d’être amoureux dans sa définition déjà bancale? Est-ce que Cath va devoir expérimenter tout ça? Combien de pages va durer mon roman, donc? Cath a tellement besoin d’être importante pour quelqu’un. Peut-être doit-elle apprendre à partager un cœur? Il y a beaucoup à creuser à partir de ce texte. Je le garde en tête…

Et vous, vous en pensez quoi de l’idée du polyamour? Des couples ouverts? De la monogamie?

La fluidité sexuelle | Le Gros Bon Sens arrive en ville! |.

viaLa fluidité sexuelle | Le Gros Bon Sens arrive en ville! |.

Les seins, ouin pis?

Je viens de tomber sur ce vidéo d’un tatoueur qui refait des mamelons à des femmes qui ont eu des chirurgies reconstructives après une mastectomie.

La femme dans le vidéo répond au tatoueur qui lui demande si elle est mariée « Would you marry this?»

Oui, bien sûr que oui, pense-t-on tout de suite. Vraiment?

Je pense que les hommes ont moins de mal à accepter que notre poitrine soit difforme que nous-même.

Ça me rappelle une phrase dans le film Erin Brockovich: une femme qui vient de subir une double mastectomie et une hystérectomie demande à Erin quelque chose dans le genre de «Peut-on encore dire qu’on est une femme sans nos seins et notre utérus?»

Oui, bien sûr que oui, pense-t-on tout de suite. Vraiment?

Pourquoi les seins des femmes sont si précieux, si intimes? Pourquoi sont-ils devenus un des symboles de la séduction? Pourquoi les veut-on ronds et bien fermes? Pourquoi sommes-nous devenues si complexées à propos de nos seins?

Les hommes sont-ils aussi complexés par la forme de leur mamelons? Ont-ils des réticences à enlever leurs chandails s’ils n’ont pas les pectoraux bien développés, s’ils ont des seins un peu plus proéminents que les autres?

Pourquoi en sommes-nous venus à permettre aux hommes de marcher dans la rue sans chandail et pas aux femmes? Pourquoi devons-nous tellement cacher nos seins? Certaines femmes doivent même se battre pour allaiter en public.

Couvrez ce sein que je ne saurais voir.
Par de pareils objets, les âmes sont blessées,
Et cela fait venir de coupables pensées.

(Le Tartuffe, Molière)

Ça ne date pas d’hier, bien sûr! Cette femme, séductrice, responsable du désir de l’homme.

Il doit y avoir des explications dans toutes les disciplines des sciences humaines et des neurosciences pour expliquer ça. En psychanalyse, on dira sûrement que c’est notre envie refoulée et jugée inacceptable par notre surmoi de téter le sein maternel. Je me demande ce que les sociologues, les historiens, les anthropologues, les biochimistes et tous les autres ont à dire.

Cath aura certainement des recherches à faire… et moi aussi!

Le couple, ça ne marche pas : je sais, j’ai essayé

Un autre modèle de couple: le couple libre ou polyamour. Une voie intéressante que Cath devra sans doute essayer dans sa recherche d’un modèle fait pour elle.

les fesses de la crémière

Ce titre est évidemment une caricature. Pourtant, on ne rigole pas à la face de ceux qui disent exactement la même chose à propos du couple libre. Arrêtons de faire comme si ceux qui s’essaient au couple libre n’avaient pas le droit à l’erreur, et de croire que les anecdotes malheureuses, même nombreuses, scellent le sort de toutes les alternatives non-monogames.

Voir l’article original 720 mots de plus

Extraordinaire, mais…

CATH part d’un party et arrive chez ANTOINE. Il est 3h du matin. Elle lui a texté, il laissera la porte débarrée. Les yeux pleins d’eau dans le bus de nuit, elle lui a écrit: « Je suis triste, saoule et horny. Meilleur des mélanges.» Il ne s’est pas rendormi en l’attendant.

Porte qui s’ouvre, CATH essaie de ne pas faire de bruit, mais claque la porte. Elle retire ses chaussures et file vers la chambre d’ANTOINE. Elle se heurte à son lit, ça fera un bleu impressionnant, c’est sûr. Elle fond sur lui, l’embrasse. Il la serre sur lui et lui rend ses baisers passionnément.

CATH
Faut que j’aille aux toilettes, mais je te reviens tout de suite.

Il rit. Il aime qu’elle soit toujours directe et qu’elle ne fasse rien comme les autres.

Elle part et revient bien vite. Il a ouvert la petite lampe de chevet. Elle le rejoint, il l’agrippe. Elle descend. Elle lui a promis de le sucer jusqu’à ce qu’il lui demande d’arrêter. Elle ne se souvenait pas qu’il était si gros dans sa bouche. Il la laisse faire un bon moment. Il ne veut pas jouir tout de suite. Il la ramène vers lui, force sa bouche de sa langue et la roule sous lui. Elle ne peut plus bouger. Ils font l’amour à tous les rythmes, dans toutes les positions. Elle avait besoin de ne plus penser. Il avait besoin de folie.

ANTOINE
C’était bon! Je me suis ennuyé de toi, belle dame. Faut pu que tu passes autant de temps sans me rappeler.

CATH n’arrive pas à dire un mot. Il la regarde dans les yeux, la sonde. C’est juste dans ces moments-là qu’elle ne peut pas se sauver et qu’elle dit tout: CATH a les yeux clairs qui ne savent pas mentir ni se cacher.

ANTOINE
Pourquoi t’était triste?

Les larmes montent, mais CATH réussi à les chasser avant qu’elles soient trop nombreuses et débordent sur ses joues.

ANTOINE
Une histoire de gars?

CATH se pince les lèvres. Elle ne veut pas parler. Il entendrait à sa voix qu’elle est vulnérable. Elle ne veut pas être lourde. Elle ferme les yeux et détend son corps.

CATH
On se couche?

ANTOINE
Pourquoi tu es triste? Raconte.

CATH
Après on se couche, promis?

ANTOINE
Deal.

CATH
Un gars sur qui je trippe ben raide. Il était en train de scorer avec une autre fille quand je suis partie. Pis mon amie m’a confirmé qu’il scorait avec plein de monde et qu’il m’aurait fait signe déjà s’il avait été intéressé par moi. Il lui a dit que j’étais extraordinaire, mais que je l’attire pas, en fait. Elle a essayé d’être délicate.

ANTOINE
Outch.

CATH
Vraiment écoeurée d’être extraordinaire,  mais… J’attire personne. Je sais pas pourquoi.

ANTOINE
Non. C’est faux. Tu es vraiment très hot, pour vrai. Crois-moi.

CATH
Fuck you. T’es le premier à ne pas s’intéresser à moi.

ANTOINE
Euh… C’est pas vrai que je m’intéresse pas à toi! On vient-tu de baiser ou pas? J’était pas en érection juste à penser que tu t’en venais, peut-être?

CATH
C’est pas ce que je veux dire et tu le sais. Ça fait 5 ans que je suis célibataire pis je n’arrive pas à être autre chose que l’amie ou la baise. Pas une seule histoire d’amour, de gars suffisamment troublé pour m’envisager comme blonde.

ANTOINE
Ah. C’est pas vrai, ça! Y’en a eu.

CATH
Un gars qui me fait papillonner le cœur aussi, je veux dire.

ANTOINE
Mais ça va venir.

CATH
J’y crois pu. Pis ça me fait chier parce que je sais que je suis une blonde de course.

ANTOINE
C’est clair que tu es la meilleure blonde au monde.

CATH
Pourquoi tu me dis ça? Comment tu peux te permettre de me dire ça. Tu me vois juste comme une baise, comme tous les autres.

ANTOINE
Tu voudrais plus?

CATH
C’est pas mon point. Je sais pas pourquoi je passe tout le temps inaperçue. Juste la baise ou l’amie. 5 ans de ça. Les gars me voient et me classent… Moi je me dévoile lentement.

ANTOINE
Ben voyons Cath. Avec toi c’est direct dans la face! T’es la première à en mettre plein la vue. Comme pour nous forcer à faire notre choix.

CATH
Tu vaux pas mieux que les autres alors. Tu comprends pas…

ANTOINE
C’est pas un reproche. Je t’aime comme ça, là.

CATH
Tu m’aimes pas. Pas le droit de me dire ce mot-là en ce moment. Pis y’a une marge entre ce que je montre et ce que je suis.

ANTOINE
Tu me croiras pas, mais je le sais, bella. T’es pas miss What-you-see-is-what-you-get comme tu vourais tant le faire penser. Tu fuis! Pis t’aurais envie qu’on s’occupe de toi mais t’as ben trop peur. De quoi au juste, je le sais pas.

CATH
La vérité c’est que je suis longue à me dévoiler pour vrai…

ANTOINE
Je sais, Cath. De quoi t’as peur?

CATH
Ce que je montre c’est moi… mais il y a un côté que je montre difficilement.

ANTOINE
Tu réponds pas à ma question. Tu fuis encore…

CATH
Faut le mériter, c’est tout.

ANTOINE
Comme un petit, trésor. J’ai bien compris que j’étais chanceux.

CATH
Tu m’as pas encore eue.

ANTOINE
Tu peux pas me le montrer ce côté-là que tu montres difficilement?

CATH
Non. Pas encore…

ANTOINE
Je veux pas te faire peur, mais je le vois, ton côté. T’es pas si mystérieuse, dans le fond.

CATH
Tu en sais rien encore…

ANTOINE a ramenée CATH sur sa poitrine. Il sait qu’elle parle plus et qu’elle se défend moins quand il ne peut pas voir son visage.

ANTOINE
Mais si tu te montres pas, comment tu veux qu’on soit amoureux de celle que tu es vraiment?

CATH
Je veux qu’on prenne le temps d’être curieux. Qu’on me découvre.

ANTOINE
Mais pour ça, faut que tu nous en donnes un peu… Si tu nous fous dans la face un de tes côtés sans nous donner un indice de ce qu’il y a en arrière, comment veux-tu qu’on pense à te découvrir?

CATH
Tout le monde a une vulnérabilité et un côté qui prend du temps à découvrir. Non, mais on peut-tu revenir au moment où on ne décidait pas qu’une personne n’était « pas aimable » en 10 minutes… On peut-tu prendre le temps de se laisser séduire?

ANTOINE
Mais c’est ce qu’on fait, non? C’est pas parce qu’un gars n’est pas attiré par toi que tout le monde prend 10 minutes pour classer les potentiels dans des petites cases définitives…

CATH
T’es pas en train de tomber amoureux, toi, hein?

ANTOINE
Tu vois? [Il la serre encore plus fort. Bisou sur la tête.] T’es une mine de contradictions. Et je t’aime pour ça. Pis oui, je vais te dire que je t’aime. Mais non, je ne suis pas amoureux de toi en ce moment. Tu m’as dit dès le départ qu’il fallait pas que je m’attache. Je ne ferai pas l’erreur, belle Cath-la-tigresse. Mais je vais te dire que je t’aime pareil. Même si tu veux pas l’entendre.

CATH pleure maintenant. En silence. Elle sait qu’ANTOINE s’en rend compte, elle a la tête sur son torse. Elle lui est reconnaissante de faire comme si de rien n’était. Il faut qu’elle dorme. Demain, elle redevient chiante, c’est promis.

L’art du cunnilingus

Si Cath était tombée là-dessus, c’est assez clair qu’elle l’aurait rendu le plus public possible. Elle le brandirait probablement à la face de tous ses amants. On n’éduque pas assez les jeunes hommes à l’art du cunnilingus (et autres aspects du sexe). Les hommes s’éduquent dans la porno (très mauvaise idée pour quiconque veut devenir un BON amant).

En tombant sur cet article, je me suis dit que l’auteure ne devait pas être la seule à avoir voulu éduquer les hommes (je dis les hommes, mais les femmes aussi peuvent bénéficier de ces enseignements, bien sûr!)

Voici quelques liens, fruit de mes recherches, sur l’art du cunnilingus:

How to eat a pussy – a magical guide for evolved people | My tiny secret.

Cunnilingus : nos trucs et conseils | Femina

5 Conseils pour maîtriser l’art du cunnilingus | Belle Beirut

D’autres suggestions, commentaires, liens à partager? Nous vous écoutons!

Si on jouait à être amoureux?

Petite réflexion que Cath lance à Antoine (qui est Antoine? Lequel de ses amants? Peut-être l’Ex-icain mêlé avec Hemingway?). Parce que même elle, si bouillante, si sanguine, si cassante, cherche l’amour tendre et doux, avec un bisou soufflé qui chatouille la nuque. (Premier jet, inspiré par la relecture de ce billet, composé le 10 juillet 2014, non relu donc pas nécessairement cohérent tout du long.)

Il y a un temps où le célibat pèse. Où les histoires de cul qui s’accumulent vident la moelle de soi. Un squelette qui ne retient plus rien des nutriments dont il a besoin. Que du vide suspendu dans une cage poreuse.

Il y a un temps où on voudrait réapprendre à aimer et être aimée dans un lieu sécuritaire. Comme on apprend à garder son équilibre à vélo en comptant sur les petites roues d’en arrière. Aimer sans tomber. Sans être abîmée, cette fois.

Mais comment apprendre à être amoureuse dans un cadre? Comment jouer à être amoureux sans se heurter au mur de la réalité qui, forcément, nous pointera du doigt en nous rappelant qu’on a été dupe, qu’on a fini par se croire et qu’on a mal, encore. Qu’on s’est déchiré le corps, encore. Qu’on a effacé un bout d’espoir, encore.

Il y a de ces amants qu’on ne peut pas toucher avec affection. De ces amants qui ne permettent aucune démonstration de cette complicité amoureuse. De ces amants qui ne comprennent pas que le cul, le corps, le cœur et la tête s’écrivent en un mot. Des amants qui ne risquent surtout pas de se perdre dans un jeu où il est bon de s’oublier.

Antoine, et si on jouait à être amoureux, toi et moi? On ne se croira pas, promis. Tu resteras libre et moi aussi. Mais Antoine, peux-tu m’apprendre à aimer? Ici, en boule dans tes bras. Tiens-moi fort, encore, contre toi. Viens me chercher la nuit, car je serai perdue dans tes draps. Je grelotterai, promis, pour que tu puisses me recouvrir. Me border, comme si tu me voyais précieuse.

Quand je serai avec toi, juste pour ces minutes-là, aussi longues soient-elles, faisons-nous croire que c’est éternité.

Promets-moi seulement que quand tu seras avec moi, juste pour ces minutes-là, tu seras mon amoureux à temps plein.

Je me souviendrai ensuite, juste après ces minutes-là, que l’on est amoureux rétractables, pliables, qui se rangent sous le lit. Des souris qui n’aiment que le noir. Pour une histoire sans espoir.

J’ai été brisée. Fracassée par le flanc sur un rocher trop dur par un temps houleux. J’ai été dupée. On m’a dit que le vent ne déplacerait que les plumes. On me croyait de pierre. J’ai dupé aussi. J’ai besoin d’être dans tes bras, que tu me regardes avec des yeux qui disent: « Je t’aime ». Un je t’aime valable pour une durée limitée, sur un territoire limité. Je te donne un cadre dans lequel nous pouvons dire je t’aime sans pleurer.

Veux-tu qu’on joue à s’aimer, juste pour voir?

On n’y croira pas, c’est promis. Mais j’apprendrai, je placerai dans ma cage ouverte un cœur qui pépite et crépite, de chaud et de moi.