Et je ne sais pas pourquoi

CATH écrit aussi parfois. Elle écrit sur sa douleur de n’être jamais celle qu’on préfère. Elle écrit parce qu’elle n’oserait jamais dire qu’elle se sent vulnérable, qu’elle est fragile. Elle ne trahirait pas se inconsistances, ses contradictions devant cet homme qu’elle aime sans se l’avouer. Cet homme qu’elle ne peut pas aimer. Cet homme qui n’est qu’une image de tous ces hommes qui ne l’aiment pas. C’est son cri: Aimez-moi, n’importe qui. Un cri qu’elle voudrait faire entendre à cet homme, même si ce n’est pas celui qu’elle choisirait. C’est celui qui est là et celui à qui elle fait porter la responsabilité de l’aimer. Parce qu’il faut bien, qu’une fois, quelqu’un l’aime, cette pauvre CATH toute sauvage.  

Je suis sur toi. Au milieu de la nuit. Il a fallu que je te tire de du sommeil pour t’avoir un peu.

Je suis sur toi et je me donne du plaisir avec ton membre dur. Érigé par moi.

Mais il ne bat pas pour moi.

Tu ne m’aimes pas.

Je vais et je viens, je m’empale sur ta tour d’ivoire, précieuse et secrète. Je sens ma peau qui s’arrache à la tienne chaque fois que je remonte. Et je retombe sur toi. Ma peau se fusionne à la tienne, encore. Encore. Encore.

Mais inlassablement, je te repousse. Je remonte et je me déchire à ta peau. Je me défais de toi.

Tu ne m’aimes pas. Sais-tu que je ne suis déjà plus là?

Et je ne sais pas pourquoi tu me rappelles toujours. Je ne suis pas dupe. Tu sais m’oublier quand tu n’as pas besoin de moi. Mais tu me rappelles toujours. Tu me retiens, même si tu n’as plus envie de moi. On est un vieux couple et tu ne m’aimes pas. Il reste quoi? Déjà plus rien. Mais tu me rappelles toujours.

Tu ne m’aimes pas. Alors ne m’aime pas. Ne fais pas semblant. Et, surtout, ne dis rien tout bas quand je n’écoute pas.

On ne m’aime pas. Je ne suis pas de ces femmes qu’on choisit. Je ne suis pas de ces femmes pour qui on s’enflamme et je ne sais pas pourquoi. Il y a eu des hommes, oui, que j’ai ensorcelés. Ils ont dit cela, que je les avais ensorcelés. On m’a dit souvent que j’étais extraordinaire. Je ne veux plus. Il y a toujours un mais. Je ne suis pas extraordinaire-mais. Je suis moi, charmante, unique, moi, une femme d’exception et plus rien en bas de ça.

Sais-tu que tu as besoin de moi pour l’aimer elle. Tu me l’as dit. En d’autres mots, mais tu l’as dit. Juste elle, tu t’ennuierais. Il te manquerais quelque chose. Et je ne te sers qu’à en aimer d’autres, qu’à maintenir ton équilibre. C’est le bon équilibre, n’est-ce pas? Oui. Pour toi. Je te sers. Tu te sers de moi. Et moi, tu ne m’aimes pas. Et je ne sais pas pourquoi.

Je sais. Je me sers de toi aussi. En ce moment, bien assise sur ta fourche pendant que tu me regardes les yeux endormis, mais pleins d’étincelles de désir. Un désir endormi. Je me sers de toi. Ce n’est pas tout à fait ça. Je te cherche. Je voudrais te rendre fou de moi. Réveiller chaque parcelle de ta peau. Mais tu t’ennuies. Tu m’as trop vue et tu ne sais plus me découvrir. Tu n’as jamais vraiment essayé de me découvrir, il faut dire. Alors je me sers de toi pour te reconquérir. C’est idiot. Je veux que tu meures de mon départ. Que ton corps s’assèche de ne plus s’abreuver au mien. Et c’est idiot.

Le sais-tu que tu m’as déjà perdue? Que je suis déjà loin? Que chaque fois qu’on se voit, que tu m’enfonces ton arme secrète dans le ventre comme un couteau, tu me perces, me blesses? Tu ne le sais pas. Tu ne le sauras pas. Est-ce que seulement ça t’importe? Ne suis-je pas que jeu et matière à pétrir pour toi? Je suis une pâte à modeler entre tes mains qui me forment à coup de chaleur et de bonjours. Je fonds, mais me refroidis, chaque fois, très vite.

Je ne suis pas dupe. Ni accro. Le sais-tu que je suis déjà partie? Que je ne fais que manger les miettes, que lécher l’assiette vide pour en saisir les derniers plaisirs?

Tu ne veux pas que je parte. Tu veux me garder. Me tenir du bout des doigts.

Tu as peur de nous perdre toutes les deux. Tu m’as déjà perdue. Comme j’espère qu’elle te quittera aussi. Que tu nous perdes. Et qu’elle ne gagne pas.

Je ne veux pas vous laisser seuls.

Je me console. Tu la quitteras. Si je pars, tu te lasseras d’elle aussi. Elle seule ne peut maintenir ton équilibre. Tu la verras plus souvent. Tu croiras même que vous pouvez être en couple, ouvert. Puis tu te lasseras comme on se lasse d’un jouet qu’on croit connaître trop. Tu es comme ça. Un homme de superficie. Qui craint de plonger en profondeur. Tu reste en surface et c’est décevant. Quand on est intelligent, on a la responsabilité de se montrer à la hauteur. Tu ne t’engages pas. Est-ce vraiment ce que tu veux montrer à tes enfants, qu’on a le droit d’être complètement désengagé de toutes ces femmes qu’on met dans notre lit? Qu’on peut jouer avec un humain comme avec un objet qu’on jettera lâchement?

Je ne veux pas te perdre.

Je veux te quitter. Que tu en souffres. Que tu me cherches dans tes draps. Et pourtant, je ne peux pas m’empêcher de te dire oui quand tu me rappelles. Et tu me rappelles toujours. Et je joue le jeu parce que j’aimerais y croire.

Je veux que tu me gardes contre toi, encore. Encore. Encore. Et je rêve, la nuit, que je te quitte. J’y pense le jour, aussi. Toujours, tout le temps.

On joue, d’accord? On joue que je te quitte et que tu fais tout pour me garder. On joue que tu es amoureux fou. Tu n’as pas le droit de te détourner de moi. C’est moi qui te quitte. Moi qui te fais mal. Juste moi. On joue, d’accord?

Mais tu ne te pointeras pas devant chez moi, les yeux pleins d’eaux. Tu ne chuchoteras pas dans mon cou : Reste, reste encore. J’aimerais que tu ne me laisses pas partir. Que tu t’obsèdes de moi. Que tu me veuilles à ton bras. Je veux que tu m’aimes un peu.

Et je ne sais pas pourquoi tu ne le feras pas.

Tu ne le feras pas et je ne sais pas pourquoi.

Cath et sa quête

Je pourrais écrire 8 articles d’un coup tellement mon cerveau réfléchit fort à ce thème ces temps-ci. Des conversations avec des amis, mes propres expériences, celles d’autres personnes autour de moi, des textes que j’ai lus. Tout m’inspire. Mais si j’écris tout dans le même billet, je ne pourrai plus me retrouver ensuite. Un billet, un thème. C’est ma règle.

Bon. Par où on commence.

Par Cath bien sûr.

J’ai envie de faire le point sur Cath. Elle me donne l’impression d’être une enragée. Mais elle n’est pas ça. Elle le devient seulement quand elle a peur. Comme un chat qui crache et qui miaule à se faire entendre en Alaska (cette image fonctionne juste si on n’habite pas en Alaska…)

Cath est capable de beaucoup de douceur. De tendresse et d’affection. Mais elle doit se sentir en confiance. Le problème, c’est que dès qu’elle en démontre à ses amants, dès qu’elle essaie d’être elle, ses amants pensent qu’elle s’attache, qu’elle tombe amoureuse. Comment être soi quand être soi fait peur? Cath dirait « Tant pis pour eux. Leur perte! »

Note pour un prochain billet: A-t-on le droit d’être affectueux avec nos amants? Quel est le code à suivre? 

Il va falloir faire essayer le polyamour à Cath. C’est un aspect qu’elle n’a pas vraiment envisagé encore. Mais comment fera-t-elle, elle qui est si entière, pour accepter de donner son coeur en entier à quelqu’un qui le partagera entre elle et d’autres? Comment pourra-t-elle envisager de se donner entièrement, mais à plusieurs personnes en même temps? Peut-elle même l’envisager? Quel genre de surprise aura-t-elle en empruntant cette voie?

Au départ, la quête de Cath était de différentier les relations d’amour, d’amant et d’ami. Quelque part en route, elle a fini par étudier seulement le sexe et les différentes manières d’être amant. Il lui faut se recentrer sur sa recherche. Elle a oublié qu’elle pouvait aussi être amie ou amoureuse.

Dans ses débuts d’amante, Cath était très timide. Elle ne croyait pas qu’elle pouvait faire l’amour sans être amoureuse. Elle a dit non longtemps à son premier amant avant de lui céder. Ça a été la même histoire avec le deuxième. Le troisième, elle l’a laissé faire, séduite et désireuse. Ensuite, elle a appris à être excitée lorsqu’un gars lui faisait un peu de rentre dedans. Et là, elle devient chasseuse. Cath ne cherche pas nécessairement, mais elle se donne sans attendre dès qu’une ouverture se fait. Elle ne sait plus dire non. Elle a « appris » qu’elle devait se donner pour être intéressante. Qu’elle devait faire des choses qu’elle n’aime pas nécessairement d’emblée pour être aimée. Comme si sa recherche la poussait à dire oui, juste parce que dire non équivaudrait à manquer de curiosité. Jusqu’où va-t-elle se rendre? Peut-on refuser des avenues quand on veut être totalement ouvert à l’expérimentation. Bien sûr! Quelles sont les limites de Cath?

Il me reste beaucoup de choses à découvrir sur mon personnage. Des fois, j’ai l’impression de la psychanalyser. D’ailleurs, je me souviens d’une auteure qui faisait le lien entre mon champ d’étude (la psychologie) et l’écriture. Pour elle, c’était des contraires. Pour moi, c’est la même chose. Je dois en apprendre sur mon personnage qui ne se révèle pas d’un coup. Je dois comprendre sa dynamique sans tout savoir sur elle. De la même façon que l’intervenant doit laisser son client se dévoiler à son rythme tout en travaillant avec lui.

Combien de gars passeront dans sa vie? Que va-t-elle apprendre avec chacun d’entre eux? Comment va s’exprimer son côté doux, amoureux, paisible, centré?

Aller, Cath. Au repos pour ce soir. Bientôt, tu en vivras toute une, encore.

La fluidité sexuelle | Le Gros Bon Sens arrive en ville! |

Jusqu’à maintenant, Cath a toujours exploré des façons d’être bien dans un couple monogame. Elle a tellement peur de disparaître (encore) dans un couple, de n’être plus qu’un nous, qu’elle aborde le couple avec terreur. Comment trouver de l’espace pour soi en acceptant de plonger complètement? Comment trouver de l’espace pour son besoin de solitude quand on a tant besoin que l’autre soit près? Cath a eu beaucoup à travailler sur elle.

Mais voilà que je tombe sur ce texte. Très intéressante (et importante) conception des relations amoureuses. Comment Cath va-t-elle intégrer ces variétés d’être amoureux dans sa définition déjà bancale? Est-ce que Cath va devoir expérimenter tout ça? Combien de pages va durer mon roman, donc? Cath a tellement besoin d’être importante pour quelqu’un. Peut-être doit-elle apprendre à partager un cœur? Il y a beaucoup à creuser à partir de ce texte. Je le garde en tête…

Et vous, vous en pensez quoi de l’idée du polyamour? Des couples ouverts? De la monogamie?

La fluidité sexuelle | Le Gros Bon Sens arrive en ville! |.

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Extraordinaire, mais…

CATH part d’un party et arrive chez ANTOINE. Il est 3h du matin. Elle lui a texté, il laissera la porte débarrée. Les yeux pleins d’eau dans le bus de nuit, elle lui a écrit: « Je suis triste, saoule et horny. Meilleur des mélanges.» Il ne s’est pas rendormi en l’attendant.

Porte qui s’ouvre, CATH essaie de ne pas faire de bruit, mais claque la porte. Elle retire ses chaussures et file vers la chambre d’ANTOINE. Elle se heurte à son lit, ça fera un bleu impressionnant, c’est sûr. Elle fond sur lui, l’embrasse. Il la serre sur lui et lui rend ses baisers passionnément.

CATH
Faut que j’aille aux toilettes, mais je te reviens tout de suite.

Il rit. Il aime qu’elle soit toujours directe et qu’elle ne fasse rien comme les autres.

Elle part et revient bien vite. Il a ouvert la petite lampe de chevet. Elle le rejoint, il l’agrippe. Elle descend. Elle lui a promis de le sucer jusqu’à ce qu’il lui demande d’arrêter. Elle ne se souvenait pas qu’il était si gros dans sa bouche. Il la laisse faire un bon moment. Il ne veut pas jouir tout de suite. Il la ramène vers lui, force sa bouche de sa langue et la roule sous lui. Elle ne peut plus bouger. Ils font l’amour à tous les rythmes, dans toutes les positions. Elle avait besoin de ne plus penser. Il avait besoin de folie.

ANTOINE
C’était bon! Je me suis ennuyé de toi, belle dame. Faut pu que tu passes autant de temps sans me rappeler.

CATH n’arrive pas à dire un mot. Il la regarde dans les yeux, la sonde. C’est juste dans ces moments-là qu’elle ne peut pas se sauver et qu’elle dit tout: CATH a les yeux clairs qui ne savent pas mentir ni se cacher.

ANTOINE
Pourquoi t’était triste?

Les larmes montent, mais CATH réussi à les chasser avant qu’elles soient trop nombreuses et débordent sur ses joues.

ANTOINE
Une histoire de gars?

CATH se pince les lèvres. Elle ne veut pas parler. Il entendrait à sa voix qu’elle est vulnérable. Elle ne veut pas être lourde. Elle ferme les yeux et détend son corps.

CATH
On se couche?

ANTOINE
Pourquoi tu es triste? Raconte.

CATH
Après on se couche, promis?

ANTOINE
Deal.

CATH
Un gars sur qui je trippe ben raide. Il était en train de scorer avec une autre fille quand je suis partie. Pis mon amie m’a confirmé qu’il scorait avec plein de monde et qu’il m’aurait fait signe déjà s’il avait été intéressé par moi. Il lui a dit que j’étais extraordinaire, mais que je l’attire pas, en fait. Elle a essayé d’être délicate.

ANTOINE
Outch.

CATH
Vraiment écoeurée d’être extraordinaire,  mais… J’attire personne. Je sais pas pourquoi.

ANTOINE
Non. C’est faux. Tu es vraiment très hot, pour vrai. Crois-moi.

CATH
Fuck you. T’es le premier à ne pas s’intéresser à moi.

ANTOINE
Euh… C’est pas vrai que je m’intéresse pas à toi! On vient-tu de baiser ou pas? J’était pas en érection juste à penser que tu t’en venais, peut-être?

CATH
C’est pas ce que je veux dire et tu le sais. Ça fait 5 ans que je suis célibataire pis je n’arrive pas à être autre chose que l’amie ou la baise. Pas une seule histoire d’amour, de gars suffisamment troublé pour m’envisager comme blonde.

ANTOINE
Ah. C’est pas vrai, ça! Y’en a eu.

CATH
Un gars qui me fait papillonner le cœur aussi, je veux dire.

ANTOINE
Mais ça va venir.

CATH
J’y crois pu. Pis ça me fait chier parce que je sais que je suis une blonde de course.

ANTOINE
C’est clair que tu es la meilleure blonde au monde.

CATH
Pourquoi tu me dis ça? Comment tu peux te permettre de me dire ça. Tu me vois juste comme une baise, comme tous les autres.

ANTOINE
Tu voudrais plus?

CATH
C’est pas mon point. Je sais pas pourquoi je passe tout le temps inaperçue. Juste la baise ou l’amie. 5 ans de ça. Les gars me voient et me classent… Moi je me dévoile lentement.

ANTOINE
Ben voyons Cath. Avec toi c’est direct dans la face! T’es la première à en mettre plein la vue. Comme pour nous forcer à faire notre choix.

CATH
Tu vaux pas mieux que les autres alors. Tu comprends pas…

ANTOINE
C’est pas un reproche. Je t’aime comme ça, là.

CATH
Tu m’aimes pas. Pas le droit de me dire ce mot-là en ce moment. Pis y’a une marge entre ce que je montre et ce que je suis.

ANTOINE
Tu me croiras pas, mais je le sais, bella. T’es pas miss What-you-see-is-what-you-get comme tu vourais tant le faire penser. Tu fuis! Pis t’aurais envie qu’on s’occupe de toi mais t’as ben trop peur. De quoi au juste, je le sais pas.

CATH
La vérité c’est que je suis longue à me dévoiler pour vrai…

ANTOINE
Je sais, Cath. De quoi t’as peur?

CATH
Ce que je montre c’est moi… mais il y a un côté que je montre difficilement.

ANTOINE
Tu réponds pas à ma question. Tu fuis encore…

CATH
Faut le mériter, c’est tout.

ANTOINE
Comme un petit, trésor. J’ai bien compris que j’étais chanceux.

CATH
Tu m’as pas encore eue.

ANTOINE
Tu peux pas me le montrer ce côté-là que tu montres difficilement?

CATH
Non. Pas encore…

ANTOINE
Je veux pas te faire peur, mais je le vois, ton côté. T’es pas si mystérieuse, dans le fond.

CATH
Tu en sais rien encore…

ANTOINE a ramenée CATH sur sa poitrine. Il sait qu’elle parle plus et qu’elle se défend moins quand il ne peut pas voir son visage.

ANTOINE
Mais si tu te montres pas, comment tu veux qu’on soit amoureux de celle que tu es vraiment?

CATH
Je veux qu’on prenne le temps d’être curieux. Qu’on me découvre.

ANTOINE
Mais pour ça, faut que tu nous en donnes un peu… Si tu nous fous dans la face un de tes côtés sans nous donner un indice de ce qu’il y a en arrière, comment veux-tu qu’on pense à te découvrir?

CATH
Tout le monde a une vulnérabilité et un côté qui prend du temps à découvrir. Non, mais on peut-tu revenir au moment où on ne décidait pas qu’une personne n’était « pas aimable » en 10 minutes… On peut-tu prendre le temps de se laisser séduire?

ANTOINE
Mais c’est ce qu’on fait, non? C’est pas parce qu’un gars n’est pas attiré par toi que tout le monde prend 10 minutes pour classer les potentiels dans des petites cases définitives…

CATH
T’es pas en train de tomber amoureux, toi, hein?

ANTOINE
Tu vois? [Il la serre encore plus fort. Bisou sur la tête.] T’es une mine de contradictions. Et je t’aime pour ça. Pis oui, je vais te dire que je t’aime. Mais non, je ne suis pas amoureux de toi en ce moment. Tu m’as dit dès le départ qu’il fallait pas que je m’attache. Je ne ferai pas l’erreur, belle Cath-la-tigresse. Mais je vais te dire que je t’aime pareil. Même si tu veux pas l’entendre.

CATH pleure maintenant. En silence. Elle sait qu’ANTOINE s’en rend compte, elle a la tête sur son torse. Elle lui est reconnaissante de faire comme si de rien n’était. Il faut qu’elle dorme. Demain, elle redevient chiante, c’est promis.

Confiance, tromperies, adultères

Carnet de notes 27 mars 2010 et réflexions actuelles.

 

Est-ce qu’on peut aimer sans tromper? 

Est-ce que l’adultère change quelque chose à l’amour? 

Est-ce que le mensonge tue vraiment l’amour? 

Pourquoi la confiance est-elle si importante, pourquoi tue-t-elle l’amour quand elle est bafouée? Est-ce dire que tout ce qui compte dans l’amour, c’est la confiance? Comme un critère « seuil »: si on ne l’atteint pas, point d’amour? 

Est-ce qu’aimer en adulte c’est nécessairement tuer les contes de fées? Est-ce que c’est baisser les bras sur la promesse, la fidélité? 

Et la baise pour la baise, est-ce que ça implique nécessairement de ne pas s’occuper de l’autre? Prendre son plaisir à soi et ne penser qu’à soi? C’est tellement plus fort à deux…

A-t-on le droit de dire n’importe quoi pour attirer l’autre dans notre lit si on n’a pas l’intention de toute manière de faire durer l’histoire? Ça dérange qui, dans le fond? Pourquoi je n’arrive pas à voir ça autrement qu’une fraude? 

Peut-on vraiment séparer le corps et le coeur? Même un peu…

Un french c’est-tu intime, ça?

J’ai eu, cet été, une discussion avec un ami qui a une notion plutôt lousse de la fidélité dans le couple. Je ne suis pas contre sa manière de voir les choses, en fait. Mais c’est un autre sujet, sur lequel je reviendrai, bien sûr.

Cet ami m’expliquait que pour lui, le french, c’est banal. Il me disait que si son amie, appelons-la Falbala, était à côté de lui, il la frencherait sans autre préambule. Bon, je l’avoue, lui et moi étions en semi-rendez-vous-galant et ça m’a saisie. Je dois aussi dire que le gars en question a étudié en théâtre. Ça change la donne? Je ne sais pas. Est-ce un préjugé ou un fait que les gens en théâtre jouent plus facilement de la langue que les autres? Je pense qu’il faudrait faire un sondage auprès d’eux. Je ne suis pas prête à tirer mes conclusions.

Toujours est-il que je me suis sentie drôlement petite-fille-sage quand il m’a sorti ça. D’autant que j’étais plutôt dans mon rôle de le-couple-semi-ouvert-awaye-je-suis-pas-si-stuck-up-que-tu-le-penses. Vlan! En pleine gueule.

Je suis tombée là-dessus aujourd’hui:

L’article avec le vidéo : Watching complete strangers make out

Et voilà. Soulagement. C’est exactement ça. Un french, c’est puissant. Ça réveille une intimité qu’on le veuille ou non. Banaliser un baiser, c’est passer à côté de quelque chose de fort, je crois.

Mais bon, c’est vrai qu’au cinéma, c’est pas mal moins fort. Et c’est vrai aussi que le baiser n’est pas toujours très intime. Embrasser un amant, par exemple, c’est plus pour se mettre dans le bain que pour faire naître une relation profonde. Encore là, on s’embrasse d’abord pour se mettre dans une intimité nécessaire au reste. Embrasser un ami pour rire? L’intimité existe déjà dans l’amitié. Je cherche… Dans quels cas? Comment? Pourquoi?

Recherche à faire…

Votre opinion?

 

Responsabilité 1

Le petit Prince l’a dit: on est responsable de ceux qu’on apprivoise.

Je ne suis pas simple à apprivoiser, même si j’en ai l’air. Mes miettes de cœur rafistolées ne s’offrent pas à n’importe qui. Or voilà la question que je me pose: les gens à qui j’ai ouvert mon cœur en sont-ils responsables pour autant?

J’ai du mal à placer les idées dans ma tête. Je n’arrive pas encore à en faire un texte qui se suit. J’ai des bouts d’extraits, de dialogues, de scènes que Cath pourrait bien vivre, mais rien qui arrive à montrer tous les questionnements que j’ai à ce sujet.

Je me suis sur-responsabilisée trop souvent, pour ne pas dire depuis toujours et tout le temps. Je me préoccupe trop de «comment l’autre vivra-t-il ce que je lui mets entre les mains», de «est-ce que cette personne va s’effriter si je coupe les ponts», de ce qui est bien pour les gens qui m’entourent. Si je romps avec quelqu’un, je reste disponible pour répondre à ses questions, je garde un lien quand même, une gentillesse ou une tendresse. J’ai rarement fermé complètement une porte. Je suis la plus part du temps à une prise de conscience et des excuses d’une réconciliation.

On me trouve peut-être un peu facile ou bonasse, je me sens plutôt loyale, responsable et mature. Chacun ses perceptions.

Mes questionnements viennent du fait qu’on ne me rend pas la pareille. On me promet une souplesse, une finesse de l’amitié, qui se fracasse au moindre faux pas. Et on n’est plus là pour me ramasser quand on m’a brisée. Et je me dis, c’est sûrement moi qui en demande trop encore. On ne peut pas exiger d’une personne qui ne nous aime plus qu’elle nous soutienne le temps qu’on se relève. Bien sûr.

Mais alors, jusqu’où va notre responsabilité envers l’autre. A-t-on le droit, par exemple, de prendre ce dont on a besoin chez une personne et de la laisser, vidée, après usage?

A-t-on le droit de séduire un amant, de séduire pour vrai, avec les yeux doux et les discussions sur notre désir d’enfant, sur nos qualités d’amoureux, pour finalement ne vouloir qu’une baise d’un soir ou de quelques mois? La fraude est punie par la loi, pourquoi les fausses promesses ne le sont-elles pas? Elles causent tellement de ravages.

Pourquoi est-il illégal de frapper une personne, mais ne l’est-il pas de pulvériser un cœur?

Et tous ces gens qui s’entichent sans qu’on ne l’ait vu venir, sommes-nous responsables de ne pas les anéantir en leur disant non?

Des fois je me demande, jusqu’où notre loyauté et notre responsabilité envers nos semblables vont-elles et jusqu’où devraient-elles aller… Toute réponse est la bienvenue.

Ni couple, ni plan cul : la personne que je « vois » – Le nouvel Observateur

Quand « ami avec bénéfice » ne suffit pas à expliquer notre relation, mais que « couple » ne va pas du tout, il y a la « personne que je vois »!

Rien de mieux que l’indéfini… à condition qu’on soit deux à « indéfinir » dans le même sens. (Deux… ou trois ou quatre ou plus, faut être ouvert et inclusif!)

Ni couple, ni plan cul : la personne que je « vois » – Le nouvel Observateur.