J’ai marché

Texte écrit d’un jet (ou de deux jets, en fait, avec une pause ménage entre les deux…) ce soir avec Espace musique qui joue en arrière plan du blues et du jazz. Je ne relis pas, j’aurais trop peur de censurer. Ma petite Cath, le personnage principal du projet derrière ce blogue, en a long sur le cœur. Je ne sais pas de chez qui elle sort comme ça, mais ça aura été une histoire pleine de bon et de mauvais qui arrache un bout de peau quand on essaie de s’en défaire. 

J’ai marché. J’ai marché jusqu’à me perdre. Fallait que je me perde pour ne pas me retrouver chez toi. J’avais tellement envie d’être chez toi, dans tes bras. Suffit, que je me suis dit. Suffit! Ça suffit! Ressaisis-toi et avance. Avance sans savoir où tu t’en vas, ce sera toujours mieux que de retourner chez lui.

Je sais pas pourquoi la tête pis le cœur jouent ensemble quand l’amour devrait se terminer. Je sais pas pourquoi tout à coup ils se mettent du même côté alors que tout le reste du temps ils se battent dans un combat féroce. Ma tête m’emprisonne dans une pensée circulaire, elle contrôle mes gestes et va dans le sens de mon cœur. Mon foutu cœur qui bat pour toi. Encore. Ma tête actionne mon corps pour qu’il ressente tes caresses, pour qu’il voit ton sourire moqueur, pour qu’il sente ton parfum qui me rend folle, ça devrait puer, pourtant, ce mélange de bière, de sexe, de cigarette, de sueur. Mais ça me rend folle. J’ai un cœur qui se fout de la raison et ma tête s’imagine qu’il n’a pas tort. Fait chier.

Mon ventre, lui, il me dit de continuer de marcher sans m’arrêter. Aller de l’avant, que je disais. Sauf que mes souvenirs tirent fort. Je ralentis. Je vais tomber. Trébucher, buter contre mon envie. Contre ce foutu cœur qui me bat maintenant entre les jambes. J’ai le clitoris qui t’appelle. Pis j’aurais juste envie d’une nuit de colle-colle. Sans sexe, pour une fois. Une fois, juste une, où je me dis que je ne veux pas et que j’arrive à ne pas te laisser faire. J’ai le clitoris qui crie ton nom et j’essaie de me faire croire que je veux juste te coller. Que tu me prennes dans tes bras et qu’on soit bien, presque amoureux. On ne le sera pas, mais on pourrait faire semblant? Tu m’as déjà scrapée de toute manière. Un peu plus, rendus là.

Je marche.

Je marche la tête droite.

Le cœur plie. Le cœur pile poil où ça fait mal.

Le cœur qui n’aime pas. Le cœur qui rush comme pierre qui n’amasse pas mousse. Tousse, tousse.

J’ai valsé trop longtemps avec toi. J’ai tourné à me vomir les rêves d’enfants. Cela fera. Cela fera… Ouais, ouais.

J’ai laissé mon cellulaire ouvert dans mes poches pour que les gouttes de jus qui lui restaient encore s’épuisent. Comme ça, je serais certaine de pas t’envoyer un texto désespéré ou, pire, de répondre aux tiens.

Le problème quand on marche sans trop savoir où on va, c’est qu’on finit par se retrouver. On se retrouve forcément quelque part. Au cœur de soi, peut-être. Au mieux, on se retrouve là où on ne s’y attendait pas. On se retrouve là, désarmé, trop las pour penser.

Mon cellulaire mort, je n’appellerais pas non plus cet autre amant… ni lui ni lui ni lui.

Seule pour un soir. Soir à me manger l’intérieur et un peu de bouts des doigts. Des bouts de doigts qui t’auraient bien imprimé mon nom dans ton dos. Des bouts de doigts qui auraient dit À moi  sur toi. C’est mieux pas.

J’ai tourné en rond, je pense. Je me suis retournée et j’étais chez moi. J’ai marché. La tête droite, le cœur qui plie. J’ai marché jusqu’à ce que mes bas frisent au bout de mes orteils dans le fond de mes bottes. J’ai marché jusqu’à toi. Chez moi. T’étais là. En moi, partout partout en moi. Fais chier.

J’ai tout enlevé d’un coup. Mon t-shirt, mon jeans, mes sous-vêtements. Pourquoi j’ai mis les dentelles si je ne voulais pas coucher avec toi? Je n’ai pas couché avec toi. J’avais pourtant mis les dentelles… J’ai tout enlevé d’un coup et j’ai rempli le bain pour tout faire tremper. Fallait me sortir ton odeur de la vie. Ça donnait rien. Elle était en moi, ton odeur. Pas dans mon linge. Mais bon, on fait des choses, parfois, juste pour se dire qu’on les a faites. On fait des choses comme un symbole. Comme un gros McDo quand t’as faim : ça fait la job et tu gères le mal de cœur plus tard.

Une chose à la fois chère, que tu m’as dit. Ouais. Une chose à la fois. Cher. Ce soir, je me regarde dans le plate des yeux, moi pis moi en solo. Ce soir, j’arrête de croire que je vais y arriver. Ce soir, les étoiles vont se décrocher du ciel pis faner. Parce que décrocher les étoiles, ça fait un ciel noir comme dans le cul d’un ours. Comme dans l’cul d’in our’. Pis tu vois pu rien après. Tu m’as décroché une étoile, pis je voyais pu rien. Le cœur et la tête dans le cul comme dans un ciel pas d’étoiles.

J’ai pris mon bain avec mon linge. J’étais nue sous mon linge. Particulier. Mélangé les savons, aussi. Dove, Tide, Shampoing. Mon poing dans ma gueule pour pas gueuler. Pis je me suis rappelée que j’avais pas envie de gueuler. Que j’étais plus forte que tout ça. Que dans le fond, je t’avais jamais aimé, on avait juste fait semblant. Pis qu’entre toi et toi, ben on avait juste regardé toi… on n’a pas pu m’abîmer le nombril, c’est sûr.

Je suis sortie du bain. J’ai laissé l’eau s’échapper avec mes tristesses par le drain. C’est allé rejoindre la marde dans les égouts. J’ai pris ma douche. La fenêtre ouverte. Il faisait froid et chaud. Pis je fumais. Mon linge en tas dans le fond du bain. Un tapis antidérapant. J’avais tout pour foutre le camp par terre ce soir. Mais je suis pas tombée. Mon linge en tas dans le fond du bain, avec mes tristesses enroulées comme des vieux souvenirs dont on ne se rappelle plus qu’en mots, qu’en scénario bien construit dans le fond du cerveau. J’étais nue sous l’eau chaude avec le froid de dehors qui me fumait la peau. Mon chat est rentré dans la salle de bain. Elle m’a saluée et est repartie. Probablement pas envie de fumer de la tristesse avec moi. Je le comprends, le matou.

Je suis sortie de la chambre de bain. J’ai pas pris le temps de m’essuyer. J’ai pas pris le temps de quoi que ce soit. Je marchais encore juste pour marcher. Mon linge en tas, mes tristesses dedans, j’étais légère parce que vide. J’ai dansé un slow toute seule. J’ai dansé en me frenchant les souvenirs de toi. Ça m’a pu tenté ben vite. Je suis allée me coucher. C’était ce qu’il y avait de mieux à faire. Couchée. Mais j’ai pas dormi. Pas tout de suite. J’ai glissé mes doigts là où tu aurais pu le faire. J’avais pourtant mis mes dentelles. La fenêtre de ma chambre grande ouverte, on ne ferme pas les rideaux pendant le show. J’ai perdu patience. Je perds toujours patience quand je me joue après toute seule. C’est trop long quand je ne suis pas essoufflée. J’ai sorti mon vibrateur. Tu sais, celui que j’avais oublié de ranger la première fois que tu es venu chez moi? J’étais gênée, je t’avais dit OUPS! on va ranger ça. Et tu m’as dit Pas besoin! J’ai même pas compris tellement ça se pouvait pas que tu daignes me voir pour autre chose que celle que tu avais toujours connue. Y’a fallu que tu sois nu dans mon lit pis que tu m’attires contre toi pour que je comprenne que ça se pouvait bien, finalement. J’ai sorti mon vibrateur rose multifonctions et je suis venue au moins trois fois. J’ai pensé à toi, à quel point tu me faisais chier. À quel point je ne voulais plus te voir. J’ai pensé à ta bouche, à tes mains, à ta grosse queue qui me donnait mal à la mâchoire. Ouais, je me suis rappelé que tu me faisais triplement chier et je suis venue trois fois.

J’ai dormi comme jamais. Je n’ai pas dormi de la nuit. J’ai regardé les étoiles. Elles étaient bien accrochées dans le ciel, finalement. J’ai lancé mes colères une par une. J’ai lancé ma colère sans crier. Tu m’as séduite parce que j’en valais la peine. Tu m’as dit ces mots-là JE RESTE PARCE QUE T’EN VAUX VRAIMENT LA PEINE. Tu m’as dit prends ton temps. Pis tu as rencontré quelqu’un qui te fait vraiment tripper, même si je suis vraiment extraordinaire, tu sais? Ouais ouais, je sais. J’ai garnotté ça dans les étoiles pour que ça te retombe dessus. Karma is a bitch.

J’ai fini par pu penser à rien. J’ai pensé à lui pis à lui pis à lui, mais pas à toi. J’ai flatté mon chat. Pas ma chatte, j’avais donné. J’ai pensé à demain. Pis j’ai pu pensé à rien. Demain. Demain je refais le chemin entre moi et moi. En solo. Avec mes tristesses et mes colères perdues, on va ben finir par se retrouver. Moi, mon cœur, ma tête. Le ventre dans le cul d’un ours. Pu d’étoile pour compter mes nuits blanches. Demain…

Cath ne l’a jamais fait

J’ai trouvé cette photo. Je ne sais plus où. Elle a sa place par ici.

Avoir ce qu'on a jamais eu

Comment Cath comprend cette image? Elle plonge, c’est sûr. Elle plonge où. Comment était-elle avant la rupture d’avec son ex? Son monstrueux ex. Comment était-elle juste avant de voir cette image? Qu’a-t-elle jamais fait. (Et moi?)

Cath est impulsive et raide. L’a-t-elle toujours été? Non. Il ne faut pas. Elle a DU caractère, c’est certain. Elle a du mal à s’ouvrir, elle a toujours été difficile d’approche. Son orgueil la protège autant qu’elle protège son orgueil. Une photo comme celle-là et elle fonce. Évidemment, elle frappera dans toutes les directions. Des coups d’épée dans l’eau. Forcément, elle se retrouvera vidée, épuisée, triste et frustrée. Peut-être que, là, enfin, petite bête blessée, elle acceptera qu’on lui prenne la main.

 

Responsabilité 1

Le petit Prince l’a dit: on est responsable de ceux qu’on apprivoise.

Je ne suis pas simple à apprivoiser, même si j’en ai l’air. Mes miettes de cœur rafistolées ne s’offrent pas à n’importe qui. Or voilà la question que je me pose: les gens à qui j’ai ouvert mon cœur en sont-ils responsables pour autant?

J’ai du mal à placer les idées dans ma tête. Je n’arrive pas encore à en faire un texte qui se suit. J’ai des bouts d’extraits, de dialogues, de scènes que Cath pourrait bien vivre, mais rien qui arrive à montrer tous les questionnements que j’ai à ce sujet.

Je me suis sur-responsabilisée trop souvent, pour ne pas dire depuis toujours et tout le temps. Je me préoccupe trop de «comment l’autre vivra-t-il ce que je lui mets entre les mains», de «est-ce que cette personne va s’effriter si je coupe les ponts», de ce qui est bien pour les gens qui m’entourent. Si je romps avec quelqu’un, je reste disponible pour répondre à ses questions, je garde un lien quand même, une gentillesse ou une tendresse. J’ai rarement fermé complètement une porte. Je suis la plus part du temps à une prise de conscience et des excuses d’une réconciliation.

On me trouve peut-être un peu facile ou bonasse, je me sens plutôt loyale, responsable et mature. Chacun ses perceptions.

Mes questionnements viennent du fait qu’on ne me rend pas la pareille. On me promet une souplesse, une finesse de l’amitié, qui se fracasse au moindre faux pas. Et on n’est plus là pour me ramasser quand on m’a brisée. Et je me dis, c’est sûrement moi qui en demande trop encore. On ne peut pas exiger d’une personne qui ne nous aime plus qu’elle nous soutienne le temps qu’on se relève. Bien sûr.

Mais alors, jusqu’où va notre responsabilité envers l’autre. A-t-on le droit, par exemple, de prendre ce dont on a besoin chez une personne et de la laisser, vidée, après usage?

A-t-on le droit de séduire un amant, de séduire pour vrai, avec les yeux doux et les discussions sur notre désir d’enfant, sur nos qualités d’amoureux, pour finalement ne vouloir qu’une baise d’un soir ou de quelques mois? La fraude est punie par la loi, pourquoi les fausses promesses ne le sont-elles pas? Elles causent tellement de ravages.

Pourquoi est-il illégal de frapper une personne, mais ne l’est-il pas de pulvériser un cœur?

Et tous ces gens qui s’entichent sans qu’on ne l’ait vu venir, sommes-nous responsables de ne pas les anéantir en leur disant non?

Des fois je me demande, jusqu’où notre loyauté et notre responsabilité envers nos semblables vont-elles et jusqu’où devraient-elles aller… Toute réponse est la bienvenue.

Ouverture 2

J’hésite entre deux ouvertures, encore. Je note tout, on verra l’ordre et la pertinence plus tard. Cette ouverture conviendrait plus à un scénario. C’est que je n’ai pas encore décidé si le fruit de mes recherches donnera un roman ou un scénario… ou juste un blogue, finalement!

Une petite fille (environ 6 ans) est plongée dans différentes versions de Cendrillon, autant des livres que des films et des spectacles de princesses. Elle est ensevelie sous les images de Cendrillon (vêtements, décoration de chambre, jouets, poupées, etc.)

(Voix hors-champ)
Quand j’étais petite, mon livre préféré était Cendrillon. J’aimais penser que tomber amoureux demandait des efforts. Que c’était difficile. Qu’on devait mériter l’autre. J’aimais l’idée que le prince doive passer par-dessus les premières impressions pour connaître vraiment Cendrillon. Et qu’aussi invisible soit elle, un jour, quelqu’un finissait par reconnaître la femme extraordinaire sous les vêtements en lambeaux et faisait tout pour la conquérir.

Maintenant, je ne suis plus petite. Les contes de fées… Dans la vie, les princes charmants finissent toujours par en avoir marre de Cendrillon.

(Coupe sur Catherine qui pleure au téléphone qu’elle vient de se faire larguer.)

(écrit le 4 avril 2010)

Ouverture

Une enfant, 3 ou 4 ans tout au plus. Elle est assise sur les genoux de son grand-père. Des cheveux bouclés dorés, le visage coquin, mais angélique. Elle est en paix, souriante, protégée par l’homme de sa vie. Elle le défie, son grand-père, qui s’en amuse bien. Il est en train de lui expliquer comment le monde fonctionne. Il termine : « Mais toi, tu sais tout ça. T’es pas vraiment une enfant, hein? Ne laisse jamais personne te marcher sur les pieds ou te dire que tu ne sais pas. Tu sais. Ne laisse personne te dire que tu as mauvais caractère. Tu as DU caractère et c’est très bien. En tout cas, toi, tu vas en briser des cœurs. »

Une femme au téléphone:

– Il vient de me crisser là. Je suis nulle. Je me sens petite, stupide et inutile. Je sers à rien. Et je comprends pas pourquoi personne m’aime. Je suis pas conne, pas laide, pas plate. Qu’est-ce que j’ai qui cloche? Je suis un peu folle, OK. J’ai DU caractère, OK. Mais j’en connais des pires qui réussissent à avoir des chums, elles. Pis de toute façon, je pense que je l’aimais même pas.