Je ne sais pas aimer

Cath a reçu un diagnostic de trouble de la personnalité limite (j’écrirai cette scène plus tard). Elle apprend à jongler avec ce diagnostic qu’elle ne comprend pas, qu’elle n’assimile pas. En même temps, ce que le médecin lui a expliqué réveille des sentiments connus en elle. Évidemment, comme elle se place toujours dans des relations qui ne peuvent pas lui donner ce dont elle a besoin, les inconforts s’accumulent. Je suis en train de l’acculer au pied du mur. Elle n’aura plus le choix de changer. Elle a couru trop longtemps pour ne pas tomber. J’aimerais serrer Cath dans mes bras, parfois. Ce soir, je le fais. Comme d’habitude, ce texte est un premier jet. Il faudra le peaufiner…

Je pleure.

Je m’enfonce et je pleure.

Des vérités qui me sont forcées en bouche. On me fait dire des choses. On m’impose des perceptions de moi qui ne me vont pas.

Je me découvre dans l’œil de l’autre et je pleure. On m’enfonce. Je croule sous les regards mauvais. Aimant, peut-être, mais mauvais.

Je n’arrive pas à être aimée. À être aimée en premier. À être la plus importante dans la vie de quelqu’un.

Je n’arrive pas à aimer. Je mets les autres en premier. Je les rends importants, ils les plus importants dans ma vie.

On m’a dit que je devais arrêter d’être forte tout le temps, que je devais accepter et montrer ma vulnérabilité.

Je l’ai fait.

On m’a dit que je devais arrêter de prêter le flanc. De mettre ma fragilité entre les mains des gens. Parce que les gens sont comme ça. Tu leur donne un cœur qui bat, ils l’écrasent juste pour voir.

Je ne sais plus comment faire.

Je ne sais pas comment être aimable.

On me dit que j’ai un trouble de la personnalité. Je ne veux pas. Je ne veux pas être vue comme ça. Je me fâche. En douceur pour ne pas donner raison.

Je suis blessée. Triste. J’essaie de me reconstruire. Je n’arrive plus à me définir. Évidemment que je suis attentive à ce qu’on dit à mon sujet. Au regard des autres. Comment faire autrement quand on a perdu nos repères?

On me demande d’être une femme en contrôle, qui sait où elle s’en va. Je le suis, même si mon chemin est encore incertain. J’y vais, même si je ne sais pas comment me rendre. Je suis en mouvement. Toujours en mouvement.

On m’a aimée. Je le sais. Mais je n’ai pas aimé en retour. Difficile de constater que c’est moi qui ai tort. Difficile d’avouer que je le sais.

Je m’attache. Je voudrais être de pierre et n’éprouver rien pour les gens. Mais j’aime les gens. Je les aime tellement. Tous. Je finis souvent même par aimer mes ennemis. Alors je ne peux plus leur en vouloir parce que j’ai compris. J’ai compris comme ils peuvent penser. Comme ils peuvent avoir agi avec les moyens du bord. J’agis souvent avec les moyens du bord.

Il y a un torrent de colère qui déferle en moi. Je hais les gens qui font mal parce qu’ils le peuvent. Les gens qui abusent des poupées de porcelaine parce qu’ils sont forts, parce qu’elles sont douces et fragiles. On devrait prendre soin des poupées de porcelaine, même quand elles sont des épines et qu’elles se débattent, une agitation digne de l’exorcisme.

Je me débats. Je me débats parce que j’ai mal et que je ne sais plus quoi faire pour être aimée. J’ai essayé ce que tout le monde fait: aimer par le cul, être sexy, être cochonne, dépasser mes limites. J’ai essayé de faire ma « hard to get ». Rien de ça ne me semble honnête, vrai. On me dit que je dois jouer pour gagner à la séduction. Je n’ai jamais aimé me déguiser. Et comment me faire respecter quand mes colères sont un symptôme de mon trouble de la personnalité et non un comportement normal quand on m’a blessée ou qu’on va trop loin?

Je voudrais qu’on prenne soin de moi, mais on m’a dit que ce n’était pas sexy. Alors je joue les fortes et je flanche au premier regard de travers. Je flanche, je crie et je pleure.

Je pleure.

Je ne sais pas aimer.

Cath et sa quête

Je pourrais écrire 8 articles d’un coup tellement mon cerveau réfléchit fort à ce thème ces temps-ci. Des conversations avec des amis, mes propres expériences, celles d’autres personnes autour de moi, des textes que j’ai lus. Tout m’inspire. Mais si j’écris tout dans le même billet, je ne pourrai plus me retrouver ensuite. Un billet, un thème. C’est ma règle.

Bon. Par où on commence.

Par Cath bien sûr.

J’ai envie de faire le point sur Cath. Elle me donne l’impression d’être une enragée. Mais elle n’est pas ça. Elle le devient seulement quand elle a peur. Comme un chat qui crache et qui miaule à se faire entendre en Alaska (cette image fonctionne juste si on n’habite pas en Alaska…)

Cath est capable de beaucoup de douceur. De tendresse et d’affection. Mais elle doit se sentir en confiance. Le problème, c’est que dès qu’elle en démontre à ses amants, dès qu’elle essaie d’être elle, ses amants pensent qu’elle s’attache, qu’elle tombe amoureuse. Comment être soi quand être soi fait peur? Cath dirait « Tant pis pour eux. Leur perte! »

Note pour un prochain billet: A-t-on le droit d’être affectueux avec nos amants? Quel est le code à suivre? 

Il va falloir faire essayer le polyamour à Cath. C’est un aspect qu’elle n’a pas vraiment envisagé encore. Mais comment fera-t-elle, elle qui est si entière, pour accepter de donner son coeur en entier à quelqu’un qui le partagera entre elle et d’autres? Comment pourra-t-elle envisager de se donner entièrement, mais à plusieurs personnes en même temps? Peut-elle même l’envisager? Quel genre de surprise aura-t-elle en empruntant cette voie?

Au départ, la quête de Cath était de différentier les relations d’amour, d’amant et d’ami. Quelque part en route, elle a fini par étudier seulement le sexe et les différentes manières d’être amant. Il lui faut se recentrer sur sa recherche. Elle a oublié qu’elle pouvait aussi être amie ou amoureuse.

Dans ses débuts d’amante, Cath était très timide. Elle ne croyait pas qu’elle pouvait faire l’amour sans être amoureuse. Elle a dit non longtemps à son premier amant avant de lui céder. Ça a été la même histoire avec le deuxième. Le troisième, elle l’a laissé faire, séduite et désireuse. Ensuite, elle a appris à être excitée lorsqu’un gars lui faisait un peu de rentre dedans. Et là, elle devient chasseuse. Cath ne cherche pas nécessairement, mais elle se donne sans attendre dès qu’une ouverture se fait. Elle ne sait plus dire non. Elle a « appris » qu’elle devait se donner pour être intéressante. Qu’elle devait faire des choses qu’elle n’aime pas nécessairement d’emblée pour être aimée. Comme si sa recherche la poussait à dire oui, juste parce que dire non équivaudrait à manquer de curiosité. Jusqu’où va-t-elle se rendre? Peut-on refuser des avenues quand on veut être totalement ouvert à l’expérimentation. Bien sûr! Quelles sont les limites de Cath?

Il me reste beaucoup de choses à découvrir sur mon personnage. Des fois, j’ai l’impression de la psychanalyser. D’ailleurs, je me souviens d’une auteure qui faisait le lien entre mon champ d’étude (la psychologie) et l’écriture. Pour elle, c’était des contraires. Pour moi, c’est la même chose. Je dois en apprendre sur mon personnage qui ne se révèle pas d’un coup. Je dois comprendre sa dynamique sans tout savoir sur elle. De la même façon que l’intervenant doit laisser son client se dévoiler à son rythme tout en travaillant avec lui.

Combien de gars passeront dans sa vie? Que va-t-elle apprendre avec chacun d’entre eux? Comment va s’exprimer son côté doux, amoureux, paisible, centré?

Aller, Cath. Au repos pour ce soir. Bientôt, tu en vivras toute une, encore.

Les seins, ouin pis?

Je viens de tomber sur ce vidéo d’un tatoueur qui refait des mamelons à des femmes qui ont eu des chirurgies reconstructives après une mastectomie.

La femme dans le vidéo répond au tatoueur qui lui demande si elle est mariée « Would you marry this?»

Oui, bien sûr que oui, pense-t-on tout de suite. Vraiment?

Je pense que les hommes ont moins de mal à accepter que notre poitrine soit difforme que nous-même.

Ça me rappelle une phrase dans le film Erin Brockovich: une femme qui vient de subir une double mastectomie et une hystérectomie demande à Erin quelque chose dans le genre de «Peut-on encore dire qu’on est une femme sans nos seins et notre utérus?»

Oui, bien sûr que oui, pense-t-on tout de suite. Vraiment?

Pourquoi les seins des femmes sont si précieux, si intimes? Pourquoi sont-ils devenus un des symboles de la séduction? Pourquoi les veut-on ronds et bien fermes? Pourquoi sommes-nous devenues si complexées à propos de nos seins?

Les hommes sont-ils aussi complexés par la forme de leur mamelons? Ont-ils des réticences à enlever leurs chandails s’ils n’ont pas les pectoraux bien développés, s’ils ont des seins un peu plus proéminents que les autres?

Pourquoi en sommes-nous venus à permettre aux hommes de marcher dans la rue sans chandail et pas aux femmes? Pourquoi devons-nous tellement cacher nos seins? Certaines femmes doivent même se battre pour allaiter en public.

Couvrez ce sein que je ne saurais voir.
Par de pareils objets, les âmes sont blessées,
Et cela fait venir de coupables pensées.

(Le Tartuffe, Molière)

Ça ne date pas d’hier, bien sûr! Cette femme, séductrice, responsable du désir de l’homme.

Il doit y avoir des explications dans toutes les disciplines des sciences humaines et des neurosciences pour expliquer ça. En psychanalyse, on dira sûrement que c’est notre envie refoulée et jugée inacceptable par notre surmoi de téter le sein maternel. Je me demande ce que les sociologues, les historiens, les anthropologues, les biochimistes et tous les autres ont à dire.

Cath aura certainement des recherches à faire… et moi aussi!

Extraordinaire, mais…

CATH part d’un party et arrive chez ANTOINE. Il est 3h du matin. Elle lui a texté, il laissera la porte débarrée. Les yeux pleins d’eau dans le bus de nuit, elle lui a écrit: « Je suis triste, saoule et horny. Meilleur des mélanges.» Il ne s’est pas rendormi en l’attendant.

Porte qui s’ouvre, CATH essaie de ne pas faire de bruit, mais claque la porte. Elle retire ses chaussures et file vers la chambre d’ANTOINE. Elle se heurte à son lit, ça fera un bleu impressionnant, c’est sûr. Elle fond sur lui, l’embrasse. Il la serre sur lui et lui rend ses baisers passionnément.

CATH
Faut que j’aille aux toilettes, mais je te reviens tout de suite.

Il rit. Il aime qu’elle soit toujours directe et qu’elle ne fasse rien comme les autres.

Elle part et revient bien vite. Il a ouvert la petite lampe de chevet. Elle le rejoint, il l’agrippe. Elle descend. Elle lui a promis de le sucer jusqu’à ce qu’il lui demande d’arrêter. Elle ne se souvenait pas qu’il était si gros dans sa bouche. Il la laisse faire un bon moment. Il ne veut pas jouir tout de suite. Il la ramène vers lui, force sa bouche de sa langue et la roule sous lui. Elle ne peut plus bouger. Ils font l’amour à tous les rythmes, dans toutes les positions. Elle avait besoin de ne plus penser. Il avait besoin de folie.

ANTOINE
C’était bon! Je me suis ennuyé de toi, belle dame. Faut pu que tu passes autant de temps sans me rappeler.

CATH n’arrive pas à dire un mot. Il la regarde dans les yeux, la sonde. C’est juste dans ces moments-là qu’elle ne peut pas se sauver et qu’elle dit tout: CATH a les yeux clairs qui ne savent pas mentir ni se cacher.

ANTOINE
Pourquoi t’était triste?

Les larmes montent, mais CATH réussi à les chasser avant qu’elles soient trop nombreuses et débordent sur ses joues.

ANTOINE
Une histoire de gars?

CATH se pince les lèvres. Elle ne veut pas parler. Il entendrait à sa voix qu’elle est vulnérable. Elle ne veut pas être lourde. Elle ferme les yeux et détend son corps.

CATH
On se couche?

ANTOINE
Pourquoi tu es triste? Raconte.

CATH
Après on se couche, promis?

ANTOINE
Deal.

CATH
Un gars sur qui je trippe ben raide. Il était en train de scorer avec une autre fille quand je suis partie. Pis mon amie m’a confirmé qu’il scorait avec plein de monde et qu’il m’aurait fait signe déjà s’il avait été intéressé par moi. Il lui a dit que j’étais extraordinaire, mais que je l’attire pas, en fait. Elle a essayé d’être délicate.

ANTOINE
Outch.

CATH
Vraiment écoeurée d’être extraordinaire,  mais… J’attire personne. Je sais pas pourquoi.

ANTOINE
Non. C’est faux. Tu es vraiment très hot, pour vrai. Crois-moi.

CATH
Fuck you. T’es le premier à ne pas s’intéresser à moi.

ANTOINE
Euh… C’est pas vrai que je m’intéresse pas à toi! On vient-tu de baiser ou pas? J’était pas en érection juste à penser que tu t’en venais, peut-être?

CATH
C’est pas ce que je veux dire et tu le sais. Ça fait 5 ans que je suis célibataire pis je n’arrive pas à être autre chose que l’amie ou la baise. Pas une seule histoire d’amour, de gars suffisamment troublé pour m’envisager comme blonde.

ANTOINE
Ah. C’est pas vrai, ça! Y’en a eu.

CATH
Un gars qui me fait papillonner le cœur aussi, je veux dire.

ANTOINE
Mais ça va venir.

CATH
J’y crois pu. Pis ça me fait chier parce que je sais que je suis une blonde de course.

ANTOINE
C’est clair que tu es la meilleure blonde au monde.

CATH
Pourquoi tu me dis ça? Comment tu peux te permettre de me dire ça. Tu me vois juste comme une baise, comme tous les autres.

ANTOINE
Tu voudrais plus?

CATH
C’est pas mon point. Je sais pas pourquoi je passe tout le temps inaperçue. Juste la baise ou l’amie. 5 ans de ça. Les gars me voient et me classent… Moi je me dévoile lentement.

ANTOINE
Ben voyons Cath. Avec toi c’est direct dans la face! T’es la première à en mettre plein la vue. Comme pour nous forcer à faire notre choix.

CATH
Tu vaux pas mieux que les autres alors. Tu comprends pas…

ANTOINE
C’est pas un reproche. Je t’aime comme ça, là.

CATH
Tu m’aimes pas. Pas le droit de me dire ce mot-là en ce moment. Pis y’a une marge entre ce que je montre et ce que je suis.

ANTOINE
Tu me croiras pas, mais je le sais, bella. T’es pas miss What-you-see-is-what-you-get comme tu vourais tant le faire penser. Tu fuis! Pis t’aurais envie qu’on s’occupe de toi mais t’as ben trop peur. De quoi au juste, je le sais pas.

CATH
La vérité c’est que je suis longue à me dévoiler pour vrai…

ANTOINE
Je sais, Cath. De quoi t’as peur?

CATH
Ce que je montre c’est moi… mais il y a un côté que je montre difficilement.

ANTOINE
Tu réponds pas à ma question. Tu fuis encore…

CATH
Faut le mériter, c’est tout.

ANTOINE
Comme un petit, trésor. J’ai bien compris que j’étais chanceux.

CATH
Tu m’as pas encore eue.

ANTOINE
Tu peux pas me le montrer ce côté-là que tu montres difficilement?

CATH
Non. Pas encore…

ANTOINE
Je veux pas te faire peur, mais je le vois, ton côté. T’es pas si mystérieuse, dans le fond.

CATH
Tu en sais rien encore…

ANTOINE a ramenée CATH sur sa poitrine. Il sait qu’elle parle plus et qu’elle se défend moins quand il ne peut pas voir son visage.

ANTOINE
Mais si tu te montres pas, comment tu veux qu’on soit amoureux de celle que tu es vraiment?

CATH
Je veux qu’on prenne le temps d’être curieux. Qu’on me découvre.

ANTOINE
Mais pour ça, faut que tu nous en donnes un peu… Si tu nous fous dans la face un de tes côtés sans nous donner un indice de ce qu’il y a en arrière, comment veux-tu qu’on pense à te découvrir?

CATH
Tout le monde a une vulnérabilité et un côté qui prend du temps à découvrir. Non, mais on peut-tu revenir au moment où on ne décidait pas qu’une personne n’était « pas aimable » en 10 minutes… On peut-tu prendre le temps de se laisser séduire?

ANTOINE
Mais c’est ce qu’on fait, non? C’est pas parce qu’un gars n’est pas attiré par toi que tout le monde prend 10 minutes pour classer les potentiels dans des petites cases définitives…

CATH
T’es pas en train de tomber amoureux, toi, hein?

ANTOINE
Tu vois? [Il la serre encore plus fort. Bisou sur la tête.] T’es une mine de contradictions. Et je t’aime pour ça. Pis oui, je vais te dire que je t’aime. Mais non, je ne suis pas amoureux de toi en ce moment. Tu m’as dit dès le départ qu’il fallait pas que je m’attache. Je ne ferai pas l’erreur, belle Cath-la-tigresse. Mais je vais te dire que je t’aime pareil. Même si tu veux pas l’entendre.

CATH pleure maintenant. En silence. Elle sait qu’ANTOINE s’en rend compte, elle a la tête sur son torse. Elle lui est reconnaissante de faire comme si de rien n’était. Il faut qu’elle dorme. Demain, elle redevient chiante, c’est promis.

Les petits foulards | Double Personnalité

Quels sont les mots qui nous excitent? Les répliques qui nous font devenir fous, qui nous permettent de tout lâcher et de s’abandonner enfin, qui élèvent notre plaisir à son zénith?

J’aime bien les textes sur Double Personnalité. Celui-ci m’a fait réfléchir à ces répliques qui semblent pourtant anodines, mais qui créent un tel émoi en soi qu’on en perd tous nos sens. Les petits foulards | Double Personnalité.

Il y a les phrases qu’on aime se faire dire, celle qui nous éteignent complètement. Salope, pour beaucoup de filles, a un effet glacial alors que plusieurs gars aiment le dire pour s’allumer.

Et que dire de tous les amants qui baisent en silence? Il doit sûrement y en avoir aussi qui sont allumés par le silence. Est-ce plus fort quand on se parle, se chuchote des choses à l’oreille? Quand on garnotte des répliques entre deux mêlées? Oui, oui… à chacun sa manière… Mais…

Comme le dis l’auteur du texte: c’est davantage la manière de le dire que les mots qui ont, dans ce cas, allumés son Exubérante. Elle a ressenti plus qu’entendu. Est-ce que tout peut être dit pendant le sexe? Est-ce simplement une question de manière, de ton et d’attitude?

J’aime beaucoup les textes du Gars en double. Ils me font réfléchir… 😉

viaLes petits foulards | Double Personnalité.

Faut-il vraiment être poli ?

Particulièrement juste.

Et je pousse le raisonnement. Croiser la route des autres sans les toucher. Nous ne nous touchons plus. Toucher l’autre est une marque d’irrespect, d’abus, même.

Et je me dis, comment faisons-nous pour tomber amoureux si nous ne savons plus toucher les gens que l’on croise, d’un regard ou d’un sourire?

À méditer.

philosophie et existence!

Vous avez le droit de croiser les autres. C’est tout. On peut les voir, mais il ne faut pas les toucher, ni leur parler, ni même les regarder. C’est étrange comme être poli, c’est toujours être étranger. Etre là, mais sans rien déranger. Etre exactement là comme si vous n’y étiez pas. Disparaître aux yeux de tous. Cesser de prétendre à l’existence comme si tous les autres étaient des déboutés de l’existence. Que pourrait-il résulter de tant d’indifférence imposée, sinon des croisements de solitudes ?

Il est fascinant que dans une rue, les trajectoires les plus différentes s’entremêlent sans jamais se mêler. Rien n’est proche comme l’infini lointain : le premier passant venu. Car toutes les différences ont ce point commun qu’elle m’indifférent. Que j’aurais le devoir de les négliger, au point de devoir feindre que je ne les ai même pas remarquées. La politesse est un mépris qui se retient, qui…

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Un french c’est-tu intime, ça?

J’ai eu, cet été, une discussion avec un ami qui a une notion plutôt lousse de la fidélité dans le couple. Je ne suis pas contre sa manière de voir les choses, en fait. Mais c’est un autre sujet, sur lequel je reviendrai, bien sûr.

Cet ami m’expliquait que pour lui, le french, c’est banal. Il me disait que si son amie, appelons-la Falbala, était à côté de lui, il la frencherait sans autre préambule. Bon, je l’avoue, lui et moi étions en semi-rendez-vous-galant et ça m’a saisie. Je dois aussi dire que le gars en question a étudié en théâtre. Ça change la donne? Je ne sais pas. Est-ce un préjugé ou un fait que les gens en théâtre jouent plus facilement de la langue que les autres? Je pense qu’il faudrait faire un sondage auprès d’eux. Je ne suis pas prête à tirer mes conclusions.

Toujours est-il que je me suis sentie drôlement petite-fille-sage quand il m’a sorti ça. D’autant que j’étais plutôt dans mon rôle de le-couple-semi-ouvert-awaye-je-suis-pas-si-stuck-up-que-tu-le-penses. Vlan! En pleine gueule.

Je suis tombée là-dessus aujourd’hui:

L’article avec le vidéo : Watching complete strangers make out

Et voilà. Soulagement. C’est exactement ça. Un french, c’est puissant. Ça réveille une intimité qu’on le veuille ou non. Banaliser un baiser, c’est passer à côté de quelque chose de fort, je crois.

Mais bon, c’est vrai qu’au cinéma, c’est pas mal moins fort. Et c’est vrai aussi que le baiser n’est pas toujours très intime. Embrasser un amant, par exemple, c’est plus pour se mettre dans le bain que pour faire naître une relation profonde. Encore là, on s’embrasse d’abord pour se mettre dans une intimité nécessaire au reste. Embrasser un ami pour rire? L’intimité existe déjà dans l’amitié. Je cherche… Dans quels cas? Comment? Pourquoi?

Recherche à faire…

Votre opinion?

 

Responsabilité 1

Le petit Prince l’a dit: on est responsable de ceux qu’on apprivoise.

Je ne suis pas simple à apprivoiser, même si j’en ai l’air. Mes miettes de cœur rafistolées ne s’offrent pas à n’importe qui. Or voilà la question que je me pose: les gens à qui j’ai ouvert mon cœur en sont-ils responsables pour autant?

J’ai du mal à placer les idées dans ma tête. Je n’arrive pas encore à en faire un texte qui se suit. J’ai des bouts d’extraits, de dialogues, de scènes que Cath pourrait bien vivre, mais rien qui arrive à montrer tous les questionnements que j’ai à ce sujet.

Je me suis sur-responsabilisée trop souvent, pour ne pas dire depuis toujours et tout le temps. Je me préoccupe trop de «comment l’autre vivra-t-il ce que je lui mets entre les mains», de «est-ce que cette personne va s’effriter si je coupe les ponts», de ce qui est bien pour les gens qui m’entourent. Si je romps avec quelqu’un, je reste disponible pour répondre à ses questions, je garde un lien quand même, une gentillesse ou une tendresse. J’ai rarement fermé complètement une porte. Je suis la plus part du temps à une prise de conscience et des excuses d’une réconciliation.

On me trouve peut-être un peu facile ou bonasse, je me sens plutôt loyale, responsable et mature. Chacun ses perceptions.

Mes questionnements viennent du fait qu’on ne me rend pas la pareille. On me promet une souplesse, une finesse de l’amitié, qui se fracasse au moindre faux pas. Et on n’est plus là pour me ramasser quand on m’a brisée. Et je me dis, c’est sûrement moi qui en demande trop encore. On ne peut pas exiger d’une personne qui ne nous aime plus qu’elle nous soutienne le temps qu’on se relève. Bien sûr.

Mais alors, jusqu’où va notre responsabilité envers l’autre. A-t-on le droit, par exemple, de prendre ce dont on a besoin chez une personne et de la laisser, vidée, après usage?

A-t-on le droit de séduire un amant, de séduire pour vrai, avec les yeux doux et les discussions sur notre désir d’enfant, sur nos qualités d’amoureux, pour finalement ne vouloir qu’une baise d’un soir ou de quelques mois? La fraude est punie par la loi, pourquoi les fausses promesses ne le sont-elles pas? Elles causent tellement de ravages.

Pourquoi est-il illégal de frapper une personne, mais ne l’est-il pas de pulvériser un cœur?

Et tous ces gens qui s’entichent sans qu’on ne l’ait vu venir, sommes-nous responsables de ne pas les anéantir en leur disant non?

Des fois je me demande, jusqu’où notre loyauté et notre responsabilité envers nos semblables vont-elles et jusqu’où devraient-elles aller… Toute réponse est la bienvenue.

Ouverture 2

J’hésite entre deux ouvertures, encore. Je note tout, on verra l’ordre et la pertinence plus tard. Cette ouverture conviendrait plus à un scénario. C’est que je n’ai pas encore décidé si le fruit de mes recherches donnera un roman ou un scénario… ou juste un blogue, finalement!

Une petite fille (environ 6 ans) est plongée dans différentes versions de Cendrillon, autant des livres que des films et des spectacles de princesses. Elle est ensevelie sous les images de Cendrillon (vêtements, décoration de chambre, jouets, poupées, etc.)

(Voix hors-champ)
Quand j’étais petite, mon livre préféré était Cendrillon. J’aimais penser que tomber amoureux demandait des efforts. Que c’était difficile. Qu’on devait mériter l’autre. J’aimais l’idée que le prince doive passer par-dessus les premières impressions pour connaître vraiment Cendrillon. Et qu’aussi invisible soit elle, un jour, quelqu’un finissait par reconnaître la femme extraordinaire sous les vêtements en lambeaux et faisait tout pour la conquérir.

Maintenant, je ne suis plus petite. Les contes de fées… Dans la vie, les princes charmants finissent toujours par en avoir marre de Cendrillon.

(Coupe sur Catherine qui pleure au téléphone qu’elle vient de se faire larguer.)

(écrit le 4 avril 2010)